Il était une fois...... Es War einmal

20 juin 2006

Henri n'animera malheureusement plus ce blog qui lui avait permis, durant de cours moments, de ne plus penser au mal qui le rongeait.

RG

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10 avril 2006

Votre serviteur - Ihr Diener und Autor.

sturgeshenri

"Il était une fois" présenté à des scolaires.  - "Es War einmal.. den Schülern erzählt.

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La Suite de ...

" Ce que la vie vous enseigne" ne peut être autre chose que la continuation des chapitres précédents.

La fille du 8 MAI

8 MAI 2005, notre fille Sylvie est née le 8 MAI 1955 cinquante ans jour pour jour après la signature de l'armistice du 8 MAI 1945 qui mettait fin à la guerre la plus meurtrière du siècle dernier.

Certes Sylvie n'est probablement pas la seule fille née le 8 MAI 1955. Pourquoi en parler alors ?

Par ce que Sylvie n'a pas eu a sa naissance des parents comme tous les autres parents à l'époque. Henriette sa maman, malheureusement décédée depuis, était la fille d'un résistant français. Un résistant arrêté et condamné à mort par la GESTAPO en été 1944 à Périgueux. Il a eu la vie sauve grâce à un soldat allemand inconnu jusqu'à ce jour qui lui a permis de se sauver avec trois de ses camarades quelques heures avant de passer devant le peloton d'exécution.

Henri, son papa, d'origine allemande avait été soldat allemand et prisonnier de guerre en France par la suite.  Il arriva vétu de son uniforme délabré et marqué d'immenses lettres "P G" le 22 FEVRIER 1947 à Courcelles-Chaussy en Moselle.

Une fille et un garçon deux êtres qui,  à la suite de l'histoire et du passé malheureux et inhumain de leurs peuples respectifs, n'auront jamais dû se rencontrer ni songer à s'unir un jour se sont vu un jour de ce début d'année 1947.

Le destin en décida autrement. Faisant fi des lois des hommes Henriette offrit un jour de printemps trois pivoines à Henri. Trois simples fleurs qui ont par le simple fait d'excister éffacées tous les préjugés et ressentiments que la démence humaine avait depuis des décennies accumulée entre le peuple d'Henriette et de Henri. Une fille et un garçon s'étaient rencontrés, se sont plu et se sont aimés pour enfin se marier le 26 NOVEMBRE 1948 à Courcelles-Chaussy.

Que leur fille Sylvie soit née le 8 MAI 1955 Henriette et Henri ne l'ont certainement pas fait exprès. Mais ils pensent malgré tout que cette naissance a une certaine valeur symbolique.

Symbolique en rapport avec la façon et la possibilité de leurs deux peuples de vivre ensemble de nos jours. Deux peuples auxquels on était arrivé de faire croire qu'ils étaient nés en étant les "ennemis héréditaires" l'un pour l'autre.

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Henri Sturges. Article récrit à Courcelles-Chaussy, le 10 AVRIL 2006 - Tous droits réservés

Henri Sturges

" L'UNIFORME Que J'AI PORTE. . . "

EPILOGUE

L'uniforme que j'ai porté était celui du pays qui m'a vu naître. L'Allemagne de la République de Weimar et celle de Hitler par la suite. Mon histoire vécue et véridique se trouve dans mon livre de 192 pages que j'ai écrit par un besoin interne et profond. Une rétrospective sur une vie entière et enrichie par mon vécu.

Une histoire qui commence par l'histoire d'un gosse endoctriné par un homme qu'il admira, Adolf Hitler. Un gosse préparé au sacrifice suprême pour une cause qu'il croyait juste.

Devenu adulte et après un parcours chaotique de ses jeunes années englobant une jeunesse perdue mais la vie sauve, ce gosse passa en revue les événements par lesquels il a été marqué à jamais. Il s'est alors rendu compte qu'il avait été abusé, trahi et abandonné par "son Führer" pour lequel il aurait pu très bien finir comme chaire à canon.

Un "Führer" que d'autres hommes n'ont pas voulu, ou pu, arrêter quand il était temps encore. Des hommes déclarant après coup avoir su "ce qui allait arriver" une fois le dictateur venu au pouvoir en Allemagne n'ont alors rien fait. Pourquoi n'ont-ils rien fait ?

Mon histoire, notre histoire, je l'ai écrit en tant qu'Allemand d'origine et Français de par mon choix. Je l'ai écrit pour toutes celles et tous ceux qui n'ont pas eu ma chance de survivre. Je l'ai écrit pour Henriette mon épouse, la fille du résistant condamné à mort. Je l'ai écrit pour Danielle ,Sylvie,Viviane et Alain nos enfants.

Je l'ai écrit également pour toutes celles et tous ceux qui, Dieu soit loué, n'ont pas connu les horreurs du passé de leurs aînés. J'espère que mon histoire, avec tant d'autres pareils, leur serve à mieux faire que nous l'avons pu.

Il se pourrait cependant que mes observations sur notre passé commun soient aperçu comme un voeux pieux et le resteront éventuellement. Une possibilité que je ne souhaite en aucun cas pour ceux qui nous suivent.

Peu importe. Je sais que la veille du jour où la "grande faucheuse" viendra me chercher je pourrai  me regarder une dernière fois dans un miroir sans rougir, sans devoir me faire des reproches pour "ne pas avoir essayé", ne pas avoir apporté ma modeste contribution pour barrer la route du retour à notre passé inhumain.

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Henri Sturges - article de 2002 récrit à Courcelles-Chaussy, le 10 AVRIL 2006 - Tous droits réservés.

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08 avril 2006

CE QUE LA VIE VOUS ENSEIGNE. . .

Moi, Henri Sturges,  je vais tenter  de transmettre sous ce titre aux générations qui me suivent quelques réflexions que la vie et mon vécu m'ont enseigné au cours de mes bientôt 4x 20 ans. Bientôt 80 ans, dont 60 passés en France ce pays que j'aidé à occuper. Ce pays et ce peuple que je n'aimais pas à l'époque de la guerre. Ces français auxquels je n'aurai jamais adressé une parôle amicale. N'étaient-ils pas d'une race inférieur par rapport à moi. Ne faisai-je pas partie de la "race des seigneurs" comme "mon Führer" me l'avait appris?

"LA GUERRE mon vieux, C'EST NOTRE JEUNESSE ENSEVELIE

ET SECRETE"

Mémorial de Verdun ( Kriegsmuseum)

J'ai eu la chance de survivre!

Pour tous les autres, pour mes enfants et tous les autres je témoigne de notre passé inhumain!

Puissent les premiers nommés ne pas être morts pour rien!

Que les jeunes Générations veuillent bien comparer et choisir

entre la Peur , la Souffrance, la Mort la Dictature et la

LA PAIX - LA LIBERTE et L'AMITIE

pour qu'il n'y ait

"PLUS JAMAIS CA!"

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Henri Sturges

ETRE TEMOIN . . .

N'est pas une entreprise facile!

Etre Témoin ce n'est pas un simple passe-temps, un divertissement!

Etre Témoin aujourd'hui, un Témoin sinçère, de notre passé européen commun, un passé inhumain, tragique est un retour douloureux vers la première moitié du 20ème Siècle.

Des blessures non encore fermées s'ouvrent à nouveau. Des cauchemars et auto-accusations qui ne peuvent disparaître vous serrent le coeur.

Pourquoi fallait-il que ce soit LUI qui meurt et pas moi?

Pour quelle raison étais lui qu'il me fallait tuer et qui,

en s'éffondrant devant moi, me posa cette question avec ses yeux de mourant:

" P O U R Q U O I ? "

Et moi pourquoi étais-je plein d'enthousiasme au moment de partir en guerre?

Pourquoi ai-je cru?

Pourquoi un peuple entier a-t-il cru en empreintant le chemin du sacrifice?

Pourquoi "les autre" n'ont-ils rien fait pour arrêter und dictateur démentiel quand il était encore temps?

Pourquoi 47 000 000 de nos semblables ont-ils dû mourir?

P O U R Q U O I ?

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Henri Sturges

MA MOTIVATION

GUERRE - HAINE - VIOLENCE - INCOMPREHENSION - PREJUGES et INJUSTICE

Je les ai tous connu et vécus et vécus!

C'est pour cette raison que je témoigne... et espère!

Jamais je ne pourrai oublier, ni pardonner, la lâcheté et le cynisme des hommes de toute les nationalités. Ces hommes responsables ensemble du désastre et des atrocités commises au nom de certains de "LEURS IDEAUX" Que se passai-t-il encore de nos jours autour de nous? Autour de nous en Europe, ce cadre de PAIX de LIBERTE et d'AMITIE? Pour des millions et millions de nos semblables dans le monde le même cauchemar, que celui que nous avons connus chez nous dans la première moitié du 20eme siècle, continu.

Si j'ai pû, avec "tous ceux qui savent", apporter ma modeste contribution au rapprochement entre les peuple je n'ai pû le faire que grâce à l'aide et le soutien d'une femme. La mienne et mère de nos enfants!

ELLE fille d'un résitant français, arrêté et condamné à mort par la GESTAPO à Périgueux en 1944. C'est elle qui donna à son mari, ex-prisonnier de guerre allemand, le 26 NOVEMMBRE 1948 jour de notre mariage à Courcelles-Chaussy en Moselle l'idée et le courage pour porter témoignage de la démence des hommes.

Ce jour là est né pour nous, nos enfants et tous les autres l'espoir qu'il n'y ait

" PLUS JAMAIS CA ! "

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Henri Sturges

SIX MOTS

Qui caractérisent notre PASSE - notre PRESENT et l'AVENIR de nos ENFANTS!

Ce qu'il faut espérer pour eux!

Les trois mots de notre passé commun sont

LA PEUR - LA SOUFFRANCE et la MORT!

Voilà ces trois mots qui désignent notre passe commun des premiers 50 ans du 20ème siècle!

Ni la PEUR - ni la SOUFFRANCE - ni la MORT s'arrêtent à une frontière, ne concernent et ne frappent qu'un seul peuple, une seule nation, une seule ethnie ou une seule communauté de personnes. Ces trois mots ne font aucune distinction entre soldats, femmes et hommes, enfants ou sexe et âge!

LES PLEURS DES FEMMES ET MERES ONT PARTOUT LES MEMES LARMES AMERES!

ELLES pleurent un mari , un fils, un fiancé, un frère ou un père!

Une SEULE et MEME QUESTION est alors prononcée APRES dans toutes les langues:

" POURQUOI ? -  WARUM ? - WHY ?

PLUS JAMAIS CA ! NIE WIEDER DAS ! NEVER THIS AGAINR !

P A I X - L I B E R T E et A M I T I E

sont les trois mots qui désignent notre façon de pouvoir vivre de nos jours!

Trois mots qui DOIVENT désigner l'AVENIR DE NOS ENFANTS!

Les AIDER à apprécier et sauvegarder LE PRESENT est notre DEVOIR!

NOUS qui les avons mis au monde !

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Henri Sturges

TEMOIGNER EST NOTRE DEVOIR !

Inciter nos enfants à l'aide de nos témoignages et de notre vécu à comparere

entre " CE QUI FUT " et "CE QUI EST AUJOURD'HUI"

Est le dévoir à nous tous, nous qui avons survécu !

Inciter les jeunes générations à ce qu'ils gardent autour d'eux our qu'ils apprennent à estimer à leur juste valeur les trois mots qui suivent :

P A I X - L I B E R T E - A M I T I E !

Partager ces valeurs avec tous nos semblables de par le monde, eux qui aujourd'hui ne peuvent que nous envier notre bonheur. Leur expliquer le pourquoi de notre façon de pouvoir vivre de nos jours en Europe. Dire que sans la réconcilitaion, l'entente et l'amitié entre deux grands peuples de notre continent et affirmer que sans cette entente et amitié entre le peuple de France et d'Allemagne à partir du 8 MAI 1945 il ne pouvait pas y avoir, il ne peut pas avoir et il ne pourra pas avoir ni PAIX - ni LIBERTE - ni AMITIE en EUROPE !

Accomplir notre devoir de surviants nous le devons pas à nos enfants uniquement mais aussi à toutes les femmes et hommes de tous âges, aux enfants et soldats devenus les victimes de la démence humaine enfin qu'ILS ne soient pas morts pour rien !

Je peux souhaiter seulement que la leçon de notre passé malheureux et inhumain serve à ce ce passé ne se renouvelle pas et que mon souhait ne reste pas uniquement un voeux pieux !

Je sais également que sans notre engagement ensemble et sans faille pour cette cause le spectre de l'histoire des 50 premières années du siècle dernier restera comme l' épée de damoclès surpendue au-dessus de nos têtes !

Alors, engagez vous !

CELA EN VAUT LA PEINE !

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Courcelles-Chaussy, le 09 AVRIL 2006

Henri Sturges

MES DEUX VILLAGES à MOI

"Meine zwei Dörfer"

Ce titre peut à première vue paraître insolite, irréel.

Pourtant pour moi il reflète la réalité . J'ai en effet deux villages auxquels je suis attaché et que j'aime l'un autant que l'autre

Le premier a pour nom KORDEL, un village près de Trêves en Allemagne, où je suis né le 12 DECEMBRE 1926. Le deuxième s'appele Courcelles-Chaussy en France, près de Metz, qui accueillit au mois de FEVRIER 1947 un Prisonnier de Guerre allemand.

Je n'aurai jamais pû penser le jour où, à l'âge de 16 ans 1/2, je quittai mon village natal pour partir en guerre qu'un jour j'allais m'arrêter pour toujours dans ce village de Moselle dont j'ignorai l'existence à l'époque. Il faut croire que le destin décida autrement.

Passons sur les différentes péripéties de ma captivité aux USA et en France, mes tentatives d'évasion échouées pour ne citer que le 26 NOVEMBRE 1948, jour de mon mariage avec une jeune fille de Courcelles-Chaussy. C'était il y a 58 ans. Un évènement pour lequel une jeune écolière a trouvée l'explication suivante: " On lui avait appris de faire la guerre, sa femmen française lui a appris la tendresse". Depuis notre mariage j'appartiens également à mon deuxième village.

En 2001 les concitoyens de mes deux villages se sont rencontrés à Kordel, mon village natal. Une rencontre émouvante pour moi à plusieurs titres. Ces gens ne parlaient pas ou peu la langue des uns ou des autres ont réussi à créer des liens d'amitié après avoir rendu ensemble au monument aux morts de Kordel " HOMMAGE A TOUTES LES VICTIMES DE NOS GUERRES FRATRICIDES".

Je n'ai pas pu, ni voulu, retenir mes larmes.

Maintenant "MES DEUX VILLAGES" ne font plus qu'un seul pour moi. Deux villages pour lesquels j'éprouve le même sentiment d'appartenance.

MON Village Natal et le Village de MA FAMILLE !

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Fait à Courcelles-Chaussy le 09 AVRIL 2006.

Henri Sturges

" MOI ET MON FILS "

"Chers Amis et chers camarades,

Nous sommes réunis aujourd'hui pour faire savoir aux gens qui nous entourent que nous existons. Pour faire savoir qui nous sommes.Nous avons été tous, sans exception, des soldats de notre âys d'origine. Nous avons été des soldats allemands. Chacun d'entre nous a fait en bonne foi ce qu'à un moment donné il a pris pour être son devoir.

Nous n'avons pas à en rougir!

Les suites de cette guerre malheureuse et inhumaine ont faites que nous soyons restés dans un pays qui n'était pas le nôtre. Nous sommes restés en France ce pays qui nous accueillît dans le temps difficile pour nous.

Aujourdhui le France et l'Allemagne sont devenus pour nous deux pays inséparables de notre vie. Deux pays auxquels nous tenons un même amour, un même respect et la même fidélité. C'est pourquoi que nous nous appelons déormais:

" LES FRANCO-ALLEMANDS - DIE DEUTSCH-FRANZOSEN "

Ainsi nous proclamons publiquement notre ralliement et notre appartenance à deux nations et deux pays. Fidélité au pays qui nous a vu naïtre et fidélité au pays qui nous accueillît!

FRANCE et ALLEMAGNE-ALLEMANDS et FRANCAIS

Unis dans nos coeurs et dans nos esprits ne sont pas seulement deux pays et deux peuples en soi. ILS sont devenus pour nous UNE FAMILLE!

Une famille composée d'un homme et d'une femme avec leurs enfants. . .

NOTRE FAMILLE FRANCO-ALLEMANDE !

Une famille dont le contrat de mariage est garanti à jamais par ce que un être humain puisse avoir le plus cher ici-bas : SES ENFANTS !

C'est ainsi que nous, les FRANCO-ALLEMANDS, avons apporté aux femmes et hommes qui nous entourent ici en France la preuve qu'i exciste aussi une autre Allemagne que celle qui fut "nazie". Que tous les allemands n'étaient pas des gardiens des camps de concentration d'Adolf Hitler! Cette preuve nous l'avons apporté par notre travail, notre volonté d'intégration dans nos familles et dans la société. Une preuve impossible d'apportée sans le soutien fidèle et à toute épreuve de nos FRANCAISES, nos femmes et mères de nos enfants! Laissez moi leur dire ici en notre nom à tous tout simplement

M E R C I !

Grâce à  ELLES nous avons pû faire comprendre à nos concitoyens par les preuves ci-dessus le changement parvenu dans notre pays d'origine avant même la création

de la République fédérale d'Allemagne en 1949.

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Extraits de mon livre "Moi et mon Fils" ainsi que de mon discours lors de l'assemblée constitutive de l'Association des anciens Prisonniers de Guerre allemands résidants en France. Association créé le 01 OCTOBRE 1970 dans le Grand Palais des Sports de la Ville de Metz. En tant que Président élu de notre Association je tiens à remercier en notre nom à tous Monsieur Raymond MONDON, ancien Ministre et Député-Maire de la Ville de Metz, pour son soutien à notre entreprise.

" MOI et MON FILS " - Le père était soldat allemand et son fils a accompli son devoir dans la Marine Nationale Française.

Récrit à Courcelles-Chaussy, le 10 AVRIL 2006 - tous droits réservés.

L E  P O N T

Inauguré le 08 MAI 1945 permit aux Peuples de traverser l'abîme de l'incompréhension de la haîne et de la violence pour quitter la rive de la PEUR de la SOUFFRANCE et de la MORT !

LE PONT permet aujourd'hui aux hommes de vivre ensemble sur l'autre rive en PAIX - en LIBERTE et AMITIE !

Un passé européen comme le nôtre fait des larmes et deuils à cause de la démence des hommes ne peut pas et ne doit jamais être oublié !

Les survivants de cette tragédie, tous ensemble, ont l'obligation absolue d'apporter un témoignage sinçère et sans tabou pour qu'il n'y ait . . .

" PLUS JAMAIS CA ! "

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Henri Sturges - récrit à Courcelles-Chaussy, le 10 AVRIL 2006 - tous droits réservés.

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04 avril 2006

ENCOURAGEMENTS

C'est sous ce titre que je veux exprimer mes remerciements et ma reconnaissance aux enfants des écoles,collèges et lycées en France et Allemagne qui par leurs lettres et commentaires m'ont reconfortés dans la pensée de ma vision de l'accomplissement de mon devoir de témoin de notre passé. Que la réproduction de quelques-unes de leurs messages en soient les témoins.

Enfants du CP

" ... quand il a été soldat, il a pensé à l'escargot qu'il a écrasé quand il était enfant parce que la guerre c'est pareil: les soldats tués ont des papas et mamans qui pleurent parce qu'il n'ont plus leur enfant. Si on tue les papas et mamans, les enfants n'ont plus de parents et ils meurent eux aussi parce qu'ils sont tout seuls."

Tiphaine CP : " Les Français et les Allemands se faisaient la guerre, mais maintenant, ils ne veulent plus se faire la guerre; "

Sophie CP comprend l'expérience d'une vie : " ... on lui avait appris de faire la guerre, et sa femme française lui a apris la tendresse."

Ludovic : " ... ça m'a fait tout drôle quand il a pleuré, je ne savais pas que la guerre ça se passe comme ça. J'étais tràs étonne quand il a dit qu'il était franco-allemand et qu'il habite à Courcelles-Chaussy. "

Aymeric : "... j'ai bien aimé écouter Monsieur Sturges, c'était plus réel qu'un diaporama. "

Ecole primaire de Silly-sur-Nied en Moselle .

Fourrier Charlène - étudiante 20 ans.

" My dear Mr. Sturges, when you are talking I was very moved because to hear about this horrible period of history. ... votre courage m'a beaucoup touché, le courage d'avoir continué à vivre après une telle horreur, celui de s'être installé en France. Et maintenant de témoigner et de revivre ces moments certainement encore difficiles de votre passé. De parler avec tant d'honnêteté. ... vous avez effacé de nombreux préjugés sur les soldats allemands et sur les allemands de cette époque. Car pour moi ils étaient tous "nazies". ... Mes grans-parents maternels ont échappés au massacre d'Oradour-sur-Glane ' en haute-vienne). Je suis originaire de la haut et les cousins de mes grand-parents sont morts calcinés dans l'église. Il y deux ans je suis retournée dans ce village et je n'ai pas m'empêcher de pleurer. Quand voius vous êtes mis à parler de cet Américain ( que j'ai du tuer lors d'un combat rapproché en Normandie au mois de Juin 1944 ) j'avais les larmes aux yeux. Je n'ai pas pu m'empêcher à ce village et à tous ceux qui sont morts. Et à toutes les famille qui ont perdu un être chèr. C'est pourquoi je me rallie totalemant à vos idées en disant "PLUS JAMAIS CA ! " ... Pourquoi tout le monde n'est-il pas comme vous? Rester comme vous êtes...". 

Johan 12 ans

" Mon premier témoignage est celui d'un homme d'origine allemande, Henri Sturges, il a participé à la guerre de 1939-1945. ... Il a accepté de nous recevoir ( sa classe) pour témoigner avec beaucoup de pudeur, de réalisme et de sincérité.... Aujourd'hui il anime des conférences pour la Paix et l'Amitié franco-allemande. Sa persévérance et son courage font de lui un homme hors du commun... Un grand "Merci" Monsieur Sturges de notre part et de tous ceux qui vont lire votre témoignage. ... Pour "Papy" Henri de la part de Johan - 08.03.03. - Collège Lucien Pougué Rémilly/ Moselle.

Les écoliers allemands ...

Katharina Krüger - 16 ans

"Sehr geehrter Herr Sturges (Bonjour) Ich weiss garnicht so recht was ich Ihnen schreiben soll, ausser dass ich Sie sehr bewundere für das was Sie tun. Ich fühle mich sehe geehrt, dass ich Sie kennen lernen durfte. Es ist interessant, dass Sie in ihrem Alter noch so voller Elan diese Tour machen. ( Les Champs de Bataille de Verdun) Es hat mich wirklich sehr berührt und habe mir den ganzen Abend noch Gedanken darüber gemacht. Den einen Satz " PLUS JAMAIS CA ! " werde ich nie vergessen.

Michael Hausch - 16 ans

"Sehr geehrter Herr Sturges, für die Führung firch das Fort Douauont und das Gebeinhaus (Ossuaire de Douaumont) möchte ich Ihnen danken. Ihre Wirte waren sehr lehrreich und hinreissend. Ich bewundere Ihre Kenntinisse über diese Epoche. Es ist erschreckend zu sehn was Kriege anrichten können. Für Ihre Bemühungen, Anstrengungen, Erklärungen, Leitung und Erzählungen bedanke ich mich bei Ihnen. 

Nancy Hansche - 16 ans

"Lieber Opa, "Papy" Ich fand Sie wahnsinnig faszierend. Ich hoffe, dass Sie noch vielen jungen Menschen so rüberbringen wie uns, bzw MIR. Ich war sehr bewegt von dem und wie Sie es erzählt haben. Ich werde diesen Tag in Verdun nie vergessen. Ich werde Sie nie vergessen. ..."

Quelques extraits des commentaires de ces jeunes allemands de la "Schiller-Realschule Frankenthal Rhénanie-Palatinat après. leur pélerinage à Verdun au mois de Novembre 2005.

Ces témoigages font partie des quelques 2000 lettres des écoliers des "CP" jusqu'à la terminale, et au-delà,  reçues à la suite de mes conférences dans les écoles françaises et allemandes, ainsi que des  pélerinages sur les Champps de Bataille de Verdun. Je tiens à remercier les professeurs et leurs élêves pour m'avoir apporté ainsi leur encouragement. Henri Sturges.

Edité par Henri Sturges à Courcelles-Chaussy ( Moselle ) le 15 AVRIL 2006.

Posté par frieden à 15:04 - Permalien [#]



18 mars 2006

DEMANDE de COMPREHENSION....

Le titre ci-dessus fait appel à mes lecteurs de langue et culture française. Je leur demande d'être indulgents et compréhensifs à mon égard pour le façon dont je "manie" cette langue, devenue la mienne voici bientôt 60 ans.

En effet le français n'est pas ma langue maternelle, d'où des fautes d'orthographe, de composition des phrases et autres. Ce manque d'éducation est dû au fait que dans mon école, en Allemagne et du temps d'Adolf Hitler, on n'enseignait pas des langues étrangères au peuple. il ne me restait d'autre issue, lors de ma venue en France en 1946, que d'apprendre la langue de Molière par mes propres moyens.

Merci de ne pas me juger trop sévèrement.

Henri Sturges

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MA BAÏONNETTE et mes trois PIVOINES

Ma Guerre à moi

"Ma baïonnette et mes trois Pivoines" est l'histoire d'une jeune fille et d'un jeune garçon qui, à un moment de leur vie, n'auront jamais du se rencontrer.

Dans le tire précédent, "Il était une fois", nous avons pu lire le début de l'histoire d'un jeune allemand d'avant et après l'avénement au pouvoir de Hitler en Allemagne. Nous avons pu lire de quelle façon cette guerre funeste débuta un jour. C'est donc  la suite de cette histoire et celle de l'auteur qui continue ici.

Il faut peut-être parler ici aussi des forces en présence le 1er Septembre 1939. Ce jour là les hostilités n'avaient pas encore été ouvertes entre la France, l'Angleterre et l'Allmagne. Les démocratiies avaient imposés un ultimatum de trois jours à Hitler a fin qu'il cesse son offensive en Pologne et en rétire ses troupes. Il n'y eut aucune réponse de la part du dictateur. Face à ce refus l'Angleterre d'abort et la France par la suite ont déclaré la guerre à l'Allemagne le 3 Septembre 1939. C'était alors la "drôle de guerre" qui, en commençant, entra sous ce qualificatif dans l'histoire. Alors qui se faisait face en ce moment précis? D'un côté l'armée française derrière la Ligne Maginot appuyée par le Corps expéditionnaire anglais. En face, derrière la "Ligne Siegfried" en construction peu de troupes. Presque l'ensemble de la Wehrmacht, l'armée de terre, d'air et de la marine, se trouvait à cet instant en Pologne. Pour preuve dans mon village natal Kordel près de Trèves en Allemagne, une bourgade de 1.200 habitants qui dès le 1er Septembre était devenue lieu de mobilisation, se trouvaient 6000 hommes en civil jusqu'en fin Octobre 1939 et reconnaissables par un brassard jaune porté sur la manche gauche de leur veston civil avec cette inscription : "Deutsche Wehrmacht". Leur armement? Une roulante et pour le reste ils devaient se débrouiller pour le coucher.

Incroyable? Mais vrai car j'ai vécu cette période sur place et ce souvenir, datant de mes 13 ans en 1939, m'est resté de façon indéfectible à jamais. 13 ans au mois de décembre 1939 et vu la rapidité avec laquelle la Pologne venait d'être vaincue j'enrageai de n'avor pu y participer  Trop jeune, trop jeune encore aussi pour être admis à la "Wehrausbildung" , la préparation militaire.Il fallait absolument avoir 14 ans révolus. Pour moi cela voulait dire attendre le 12 Décembre 1940 et l'année 1941 pour "apprendre mon métier de soldat". Que des choses s'étaient passées depuis le 1er Septembre 1939. Après la Pologne vaincue cela vait été le tour du Danemark, la Norvège, le 10 Mai 1940 la Hollande, la Belgique, le Luxembourg et la France au mois de Juin 40. Maintenant la honte de 1918 était vengée. Quelle fierté pour "notre Führer" et nous tous en Allemagne. Moi pendant ces "temps glorieux" je craignais que cette guerre soit termiée avant que j'ai atteint mes 17 ans pour y participer. Encore 3 ans à attendre. Entre temps avait eu lieu l'attaque de notre "Wehrmacht" en Union Soiviétique pour, suivant notre "Führer bien aimé" élargir l'espace vital pour le peuple allemand dont la population s'élevait à 80 000 000 de citoyens.

1943

Le premier Juin de cette année je tenais avec une certaine fierté mon permis de conduire les automobiles en main. Oui, vous avez bien lu, à 16 ans et quelques mois. A peine 30 jours plus tard arriva une autre lettre à la maison. Une lettre que ma mère me tendait en pleurant lors de mon retour à la maison après mon travail. Nous savions tous les deux ce qu'elle contenait, mon appel sous les drapeaux. Maman pleurait et moi je me disais "enfin". C'est ainsi que le 23 Juillet 1943 je suivais mon ordre d'incorporation dans le "Reichsarbeitsdienst" - le service de travail obligatoire pour tout jeune allemand -. Cette unité non-combattante, d'après la convention de Genève, avait pour emblème une bêche entre deux épis de blé. Mais, comme j'avais comme tous ceux de mon âge terminé "avec succès" ma préparation miltaire, je tenais quelques jours après mon incorporation un fusil en main. ... STALINGRAD était passé par là. Remarque importante par rapport avec notre unité "non-combattante". Quoique notre "bêche" n'était qu'un trompe-oeil en Allemagne, c'est seulement une fois arrivés en France que nous étions armés à Bar-le-Duc. Il faut croire que "notre Führer" et les siens tentaient à faire croire aux mères allemandes que leurs fils n'étaient pas envoyés "au casse-pipe". Il est évident que nous ne devions en aucun cas parler de notre situation du moment dans nos lettres envoyées par la"Feldpost" - post des armées - chez nos proches. C'est ainsi que mes parents et ma petite soeur ne savaient pas souvent où je me trouvé. Notre premier séjour en France le limitait à 3 semaines après les quelles nous allions retourner en Allemagne en restituant nos armes à la frontière du "Reich". A Hamburg, qui était notre destination, nous disposions de tout le mois d'Août 1943 pour apprendre a manier et servir les canons et une batterie anti-antiaérienne de 105 mm. Début Septembre de la même année embarquement très tôt le matin pour aller où? Tout le monde avait la hantise de nous voir envoyer sur le front russe. A ma grande "honte" je dois avouer que tout le monde était soulagé de voir le soleil se lever dans notre dos. Donc notre voyage allait vers l'ouest pour la partie en Allemagne sans armes s'entend. A la frontière belge seulement nous redevenions des "vrais soldats" de nouveau. Après avoir durant trois jours longés les côtes belges et françaises de la Manche nous voici enfin arrivés à destination.

C H E R B O U R G

Entre Valognes et Cherbourg, à Saint-Joseph précisement, où nous devions installer notre batterie anti-aérienne. Tout était a faire sauf les socles en béton pour nos quatre canons de 105mm et les appareils de mesure et visée. Pour les trois mois suivants nous avions retrouvé l'emblème de notre unité, la bêche. Elle ne chôma pas jusqu'à la mi-janvier 1944 où tout était prêt pour notre premier engagement comme artilleurs.

A partir de ce moment là nous n'avions plus beaucoup de temps pour nous. Presque jour et nuit nous engagions le combat avec des centaines d'avions américain et anglais sur leur trajet vers et retour d'Allemagne. Il nous bombardaient pas encore. Mais, nous ne perdions rien pour attendre. A partir de la fin Avril 1944 les bombardements alliés dans notre secteur allaient crescendo de jour en jour jusqu'au 6 JUIN 1944. Un jour important pour nous encore pour une deuxième raison.

Rappelez-vous, quelques lignes plus haut je vous avez parlé de notre uniforme du "Reichsarbeitsdienst" avec sa bêche comm emblême, que sur la manche gauche de notre vareuse nous portions un brassard à croix gammée, que notre livret militaire avait le même aspect. Or le jour même du débarquement allié en Normandie on nous obligeat à 'ôter et de donner tout ce qui pouvait nous identifier comme faisant partie du "Reichsarbeitsdienst" . Stupeur de notre part et incompréhension. N'avions nous pas tiré sur les avions alliés dans cette tenue? Avec cet abandon des signes distincts sur notre uniforme et en changeant notre casque avec la bêche et ses trois épis contre celui de la "Luftwaffé" nous étions devenus tout d'un coup une "unité combattante".La consigne accompagnant ce changement était d'éviter de se  faire faire prisonnier car "l'ennemi ne faisait pas de prisonniers".

Revenons à nos canons de 105mm et l'usage que nous en faisions. Pour combattre des formations à 9 ou 10000m d'altidute c'était l'outil qu'il nous  fallait mais, contre les chasseurs-bombardiers ils ne nous protégaient pas. On nous désigna d'autres cibles, des cibles terrestres qui se rapprochaient de notre position de plus en plus chaque jour. Le 12 Juin 1944 s'en était fini de notre "glorieuse" batterie de D.C.A., il falait tout faire sauter et d'artilleurs nous devenions le renfort d'un régiment d'infanterie sans aucune instruction du combat à terre. Pour la première fois peut-être à ce moment là que nous ressentions pour la première fois ce que guerre veut dire.

Trois mots s'imprégnaient alors dans notre esprit: " LA PEUR - LA SOUFFRANCE et la MORT"! Envolés les autres pensées  "glorieuses" , envolé le "Für Führer, Volk uns Vaterlend" - pour le Führer, le Peuple et le Pays - il ne restait plus qu'une seule pensée et espérance: " Pourvu que je m'en sorte!" Une pensée , une espérance et une peur commune à tous ceux "qui ont été" Je ne voudrais ici en aucun cas passé sous silence une rencontre faite le 22 Juin 1944. Un jeune dans un autre uniforme que le mien, un américain.

Moi j'avais, à l'époque, 17 ans 1/2 et lui peut-être 19 ans. Je l'ai tué dans un combat rapproché. Ma mitraillette était plus rapide que son poignard. Mais quand il tomba devant moi j'ai pu lire dans ses yeux mourants de l'étonnement et cette question: "POURQUOI?", pourquoi m'as tu tué?". Que pouvais-je lui répondre d'autre que: "Si je ne l'avais pas fait je serais à ta place maintenant! J'en suis sûr que c'est à ce moment là que je compris l'absurdité de la guerre. Une absurdité qui m'autorise en tant que survivant de poser cette question: "Qui donne à qui le droit de disposer de l'existence et de la vie d'un autre être humain. Qui donne à qui le droit, pour quelque raison que ce soit, donner à d'autres hommes la violence et l'assasinat comme seule chance de survie?". Ces quelques lignes écrites en souvenir de mon "américain" je les lui devais, moi que ai eu la chance de pouvoir survivre! Je n'ai jamais pu, ni voulu l'oublier!

Ma Captivité. . .

Le 22 Juin 1944 je me rendais la peur au ventre. Nos "Führer's" ne nous avaient-ils pas dit que "l'ennemi ne nous ferait pas prisonnier" sans autre explication? Heureusement qu'il en était autrement.

Lors du premier interrogatoire, en anglais s'entend,  j'étais encore "service-service" en ne donnant que mon nom, mon grade et le N° de ma plaque d'immatriculation. N'étais-je pas soldat? En tant que tel on ne donne pasd'autre renseignement à l"ennemi". Interrogatoire continua donc avec les mêmes questions à cette différence près  que maintenant on parlait allemand et on aurait pu dire que nous avions changé de place puisque, au lieu de poser des questions, mon vis-à-vis me donnait des renseignements. Il connaissait mon unité de AàZ. Mais le coup de massue mentale qu'il m'assena consistait dans la révélation de la raison pour laquelle nous avons dû le 6 Juin ôter notre brassard à croix gammée, restituer notre livret et changer notre casque d'acier contre celui de la "Luftwaffe". Tout simplement parce que le "Reichsarbeitsdienst" n'était pas reconnu  par la Convention internationale de Genève comme étant une unité combattante régulière! Mon interlocuteur, ont le parents étaient de Franckfort, ajouta qu'au lieu de nous faire prisonnier ses camarades auraient pu nous fusiller sans autre forme de procès. Cette "entrevue" terminée, qui me laissa un arrière-goût de trahison de la part de mon "Führer", mes camarades-prisonniers et moi nous prenions le chemin de la plage pour embarquer sur le navires de débarquement pour êtres transportés en Angleterre. Southhampton, Londres, Manchester et finalement Liverpool où nous embarqions le 1er Juillet 1944 pour les USA.

Arrivé de l'autre côté de l'Atlantique mon "domicile" se trouvait maintenant pour une durée 18 mois près de la Ville de Watertown à proximité des chutes du Niagara. Pour être honnête et en tant que P.o.W., Prisonnier de Guerre, je dois dire que les Américains nous traitent comme leurs propres soldats jusqu'au 8 Mai 1945. En plus de l'effondrement de tous ce en quoi j'avais crû je perdais encore ce jour là mon statut de P.o.W. Nous n'étions plus des soldats, mais uniquement des membres "d'une armée battue".

Fini les rations du GI, cantine fermée, nos 20§ mensuels pour notre travail bloqués sur un compte,nos gardiens laissaient maintenant voir leurs vrais sentiments envers les "Nazis". Ce dernier "traitement" cessa le jour où ils on été remplacés par des soldats rentrants d'Europe et trop âgés pour continuer le guerre sur le théâtre des opérations du Pacifique. Entre soldats du front, entre ceux "qui ont été réellement" nous nous comprenions, nous parlions le même langage. Un fait qui est certainement dû au fait que nous avons pu, les uns comme les autres, en sortir vivant.

Janvier 1946. . .

Port de New York. Deux immenses sacs de marin nous attendaient dans les quels il nous était dit de prendre autant de vêtements que les sacs pouvaient contenir puisque nous allions rentrer chez nous et , qu'en "Germany" les gens manquaient de tout. Adieu les Etats Unis d'Amérique. Sept jours en mer les machines ralentissaient et nous pouvions penser à juste titre que notre navire allait s'approcher d'un Port allemand. Autorisés à monter sur le pont chacun d'entre les Prisonniers rapatriés cherchait à savoir quel port allemand serait notre destination. LE HAVRE pouvait-on lire, tout le monde descend! Devrai-je décrire notre stupeur et déception? Adieu notre beau navire plein d'espoir direction BOLBEC un camp "accueillant". Tout ce que nous avions emporté de New York et destiné à nos famille nous fut confisqué.

Nos nouveau gardiens, des Polonais, nous berçaient dans notre sommeil cauchemardesque en tirant à hauteur de plafond à balle réells en travers nos "hôtel"en tôle ondulé. Le lendemain de notre arrivée la raison de notre "halte" au Havre nous fut communiquée dans ce sens que la France avait exigée que chaque Prisonnier de Guerre allemand venant des Etats Unis soit mis à sa disposition pendant six mois pour effectuer des travaux de réparation.

Bien , puisque nous ne pouvions pas faire autrement allons "le coeur joyeux". Trois jours après nous quittions BOLBEC pour ATTICHY, un camp de transition, que nous étions tous contents de pouvoir quitter le lendemain. Pour aller où? Après trois jours de voyage dans les wagons bien connus de tous les militaire, "tant d'hommes - tant de chevaux", nous atteignions notre destination CLERMONT-FERRAND et AULNAY. Dans ce camp il nous était possible de comparer notre propre présentation avec ceux de nos camarades capturés en France entre 1944 et la fin de la guerre. Nous, les "Américains", ressentions une certaine gêne. Eux ils avaient faim et nous encore bien nourris. C'est à AULNAY que j'ai pû m'entretenir avec les soldats français, qui nous gardaient, dans une langue qui m'était familière le patois des trois frontières. Une langue parlée dans la région de Thionville, Luxembourg et Trèves où j'avais mes racines.

J'apprenais ainsi que ces soldats se disent des "Malgré-Nous", des insoumis à l'ordre d'incorporation dans la "Wehrmacht" des Départements alsaciens et de la Moselle. Ils avaient fui des chez ceux, sachant qu'en faisant ainsi mettre leur propre famille en danger, pour s'engager dans l'armée française pour la durée de la guerre. Clermont-Ferrand et à Royat , tout près de la dernière ville, où j'avais trouvé un emploi agréable dans une entreprise dont le directeur venait de rentrer après 5 ans de captivité en Allemagne ce qui falicita les rapports entre dirigeant et employé. Mais, malgrè cet avantage, je savais que cet endroit ne me retiendrait pas .

Mes 2 évasions.

C'était à la fin OCTOBRE 1946 que je prenais la poudre d'escampette pour être arrêté après 845 kms parcourus en deux jours  à 150m de la frontière franco-allemande.Encadré par deux Gendarmes c'est ainsi que faisais la connaissance du Camp des Prisonniers allemands N° "211" de Ile de Saulcy " en la bonne Ville de Metz dans le Département de la Moselle.

Arrivé derrière les fils-de-fer barbelés de ce camp il me restait à payer le prix de mon évasion. 30 jours d'arrêt de rigeur, le crâne rasé et "poli" avec 125g de pain et 2 litres de "soupe" bien légère par jour voilà ce qu'il fallait payer pour avoir tenté de regarder la clôture du camp de l'extérieur. Après avoir payé ma "dette" je fus libéré à l'intérieur du camp. Mon esprit n'avait d'autres préoccupations que de trouver le moyen de relier la Ville de Metz à la Ville de Trêves distant de 120km et de revoir ainsi les miens.

Un "Commando" de 30 hommes demandé par les Laminoirs à Froid de Thionville me semblait être un signe du destin. Allons pour Thionville. Le travail était agréable, l'ambiance sympa et la frontière du Luxembourg à environ 55 km. Ici il me faut vous expliquer l'importance du Grand-Duché dans les plans que chaque candidat à la "belle" échafaudait. D'après les rumeurs circulant dans les rangs des "gens des fil-de-fers barbelés" et qui, par la suite, s'avérait comme étant la réalité était le fait que le Grand-Duché du Luxembourg n'extradait pas les Prisonniers de Guerre allemands arrêtés sur son sol. Vous faut-il faire un dessin de ce qui se préparait en mon fort intérieur? 24 DECEMBRE 1946, la nuit de Noël, je me trouvais déhors et sur la route du Luxembourg. Si lors de ma première tentative j'avais pu parcourir 845kms, ce coup-ci je me trouvais stoppé par un tir nourri de mitraillettes 25m plus loin. Me laissant tomber entre les rails de la ligne de chemin de fer j'entendais ce bruit inoubliable pour tous ceux qui "ont été", ce"ouiiiiiii" des balles qui ricochent. Couché ainsi entre mes deux rails une reflexion me vint à l'esprit: "Henri nous sommes le 24 DECEMBRE, il y a 12 jours tu "fêtais" tes 20 ans. Te faire tuer encore mainteant ici serait vraiement trop bête!". J'ai donc levé le bras pour la troisième fois. Après cet échec je me suis donc logiquement trouvé de retour au camp à Metz pour y purger ma peine "d'indiscipline". Trente jours plus tard je me trouvais inscrit sur la liste des partants pour les HBL, les Houillères de Bassin de Lorraine, pour aller faire du charbon. Un commando considéré par nous comme étant "disciplinaire", ce qui était le cas en effet. Je ne voulais pas commencer une carrière de mineur de charbon. Mais, que pouvai-je?

Courcelles-Chaussy

Début FEVRIER 1947 l'administration allemande de notre camp cherchait un prisonnier parlant un peu le français. Allant "au culot" je me présentais au poste de garde du camp pour m'entendre interrogé sur mes connaissances de la langue française.Rassemblant les quelques mots appris et retenus à Clermont-Ferrand je prétendais être prêt pour me perfectionner, une volonté qui fut appréciée.Suivant les instructions perçus j'allais chercher mes quelgues hardes à fin de suivre un Monsieur en civil, mon deuxième commando de travail chez un particulier. En route pour Courcelles-Chaussy, ce village dont mon nouveau patron m'avait parlé. De là à savoir où ce village se trouvait? On ne m'avait donné peu d'explications. A la sortie de la ville un panneau d'indication m'apprenait que ma destination se trouvait à 18km d'ici. Arrivé sur place mon employeur me faisait comprendre que ma première journée de travail serait le lendemain. M'ayant accompagné à ma chambre dans sa propre maison même je n'en croyais pas mes ieux. Une chambre sans fils-de fers barbelés, sans gardien armé. Du jamais vu jusqu'à maintenant. Mon nouveau"chez-moi" je le partagai avec deux compagnons, 1 "PG" - Prisonnier de Guerre comme moi et Stefan le Polonais. Tous deux se trouvaient encore à leur travail et il me fallait entendre le soupé pour faire leur connaissance. Tous les trois nous nous entendions bien, en particulier avec Stefan le Polonais déporté de sa Polgne natale lors de l'occupation allemande de l'Alsace et du Département de la Moselle de 1940-44. Vu cette ambiance et cet environnement j'aurai pu m'imaginer ne plus être ce que mes immenses lettres "PG" disaient que j'étais en réalité encore. Ajoutez à cela une certaine liberté de mouvement me permettant d'aller les dimanches à la messe dominicale.

HENRIETTE

Je me trouvais bien a Courcelles-Chaussy avec cette liberté quasi sans entrave. M'évader, moi qui avais tenté "la belle" par deux fois, l'idée ne me venait même pas à l'esprit. De Courcelles-Chaussy à  Kordel, où vivaient les miens, il n'y avaient que 120kms a franchir. Non, je ne bougeais pas. C'est ainsi qu'un dimanche au mois de Mai 1947 en me reposant devant la maison de mon patron je vis une jeune fille du village, que j'avais déjà remarqué à la messe le dimanche, passer devant moi en vélo. Sur son porte-bagage un immense bouquet de PIVOINES. Je n'ai pas pû m'empêcher de lui lancer avec les quelques mots de français que je connaissais: "Ah, les belles Fleurs!". Elle s'arrêta avec un regard pas engageant du tout et me répondit: "Vous en voulez?" Que pouvai-je, pris au piège, répondre d'autre que "oui"? Elle m'en donna 3 et s'en alla. Moi je me trouvais là avec mes 3 pivoines sans réaliser ce qui venait de m'arriver. Je sentais bien que ces trois fleurs voulaient me transmettre un message. Mais, lequel? Désemparé je me rentrai dans ma chambre et, assis sur mon lit, je pleurai.

Pleurai par ce qu'il me manquait une explication au message que ces trois pivoines tentaient me faire comprendre. Il me manquait un seul mot. Un mot que "mon Führer" ne m'avait pas appris. Un mot qui, d'après sa doctrine pour la jeunesse allemande, n'existait pas. Nous devions être d'après lui:"Hart wie Kruppstahl, zäh wie Leder und flink wie die Windhunde - dur comme l'acier de Krupp, coriace comme le cuir et rapide comme les lévriers". Et ces mots qui me manquaient s'appelaient TENDRESSE et , en plus, l'AMOUR. Qu'est-ce que cela signifiait? Etai-ce comme le geste de maman quand, tout petit, elle me caressait les joues? Mais ma "fleuriste" n'était pas ma maman, c'était une jeune fille, une femme. Je crois bien que c'était à ce moment précis que les oeillières s'écartaient de mon esprit pour laisser place à la réalité. Que s'était-il passé? Je sais aujourd'hui que à ce moment précis de ma vie une autre loi, que celle des hommes, venait de s'imposer à moi. . . la loi de la nature! Une jeune fille et un jeune garçon venaient de se rencontrer, se sont plûs et ont commencé a s'aimer.

Oh , je l'avoue, sans nous en rendre compte sur le moment. Une chose était certaine, nous allions tout faire pour nous revoir. Je vous épargne l'histoire du parcours semé d'embûches de nos rencontres qui a suivi l'échange des 3 pivoines. Henriette me faisait comprendre dans sa langue maternellele français , comme elle pouvait, qu'un obstacle majeur se dressait entre nous. Un obstacle insurmontable en 1947 dans les trois provinces d'Alsace-Moselle annexées deux fois par mon pays à moi, l'Allemagne, et en particulier entre nos deux familles. Le papa d'Henriette avait été arrêté et condamné à mort fin 1944 par la GESTAPO à Périgueux. Il ne consentirera jamais à ce que sa propre fille puisse songer se marier avec "un boche". Le fait qu'il devait sa survie à un soldat allemand, inconnu jusqu'à ce jour, ne changeait rien pour lui. "Un boche était et restait un boche". Mais que peuvent les lois et ressentiments des hommes contre la loi de la nature? Henriette et Henri ont tenus bon!

NOTRE FAMILLE FRANCO-ALLEMANDE

Nous sommes en été, automne 1947 et Henri est toujours encore "PG", Prisonnier de Guerre dépendant du camp des "PG" N° 211 de Metz, où la liste des libérations successives des 167 000 Prisonniers de Guerre allemands encore retenus en France avait été établie. D'abord les malades, les mariés et pères de famille, les plus âgés par la suite. C'est donc dans les rangs des plus jeunes que les émissaires du gouvernement français venaient "faire la pub" pour la signature d'un contrat de "Travailleur Libre" d'une durée de 1 an accordant au Prisonnier de Guerre allemand les mêmes droits avec les mêmes obligations que n'importe quel autre travailleur étranger.

Signature qui avait pour suite la libération immédiate en France de l'intéressé. Nous étions 44000 à signer. Le 1er OCTOBRE 1947 j'étais libre et, Henriette et moi, nous pouvions nous montrer pour la première fois en public ensemble. Notre volonté de nous marier n'avait nullement changée. Henriette n'avait pas encore 21ans à l'époque il lui fallait par conséquent le consentement paternel. Monsieur Carmier, son père, consentait à contrecoeur que sa fille insistait pour se marier avec "un boche" à peine 3 ans après sa condamnation à mort par le Gestapo à Périgueux. C'est dans une atmosphère de sentiments discordants que que nous deux, en compagnie de la famille de Henriette, nous sommes rendus le 26 NOVEMBRE 1948 devant Monsieur le Maire de la commune de Courcelles-Chaussy en Moselle pour nous marier.

J'ouvre une paranthèse ici pour expliquer l'absence de ma famille le jour de mon mariage. Habitants à KORDEL, près de Trêves, les miens n'ont pas pû obtenir l'autorisation de venir en France.

Fermons cette parenthèse et revenons au mariage de Henriette et Henri. Avant que la question rituelle du consentement mutuel nous soit posée il appartenait au père de ma fiancée de signer le registre de l'Etat-Civil pour en donner son accord. Les ressentiments étant encore trop fort il cria devant l'assemblée: "Jamais un sale boche ne me rentrera dans la famille!". Sur quoi son frère Marcel lui tapa sur l'épaule avec ces mots: "Raymond rappele toi à Périgueux c'était également "un sale boche" qui t'a sauvé la vie!" Tout le monde sentait que ce consentement allait être donné en violation des ressentiments encore vivants. Mais il fallait au père de mon Henriette, avant de pouvoir apposer sa signature sur le registre de l'état-civil, encore surmonter un autre obstacle. Il faut savoir que les Alsaciens et Mosellans de ces trois provinces annexées de 1940-44 devaient, avant tout acte administratif, produire le certificat de "REINTEGRATION de PLEIN DROIT dans la COMMUNAUTE FRANCAISE". C'est à ce moment que Monsieur Carmier explosa. Lui, ayant appartenu à l'aéronavale, fait prisonnier en 40 , renvoyé dans ses foyers par les allemands pour y être quelques mois plus tard expulsé avec toute sa famille en Dordogne par les autorités civiles allemandes comme étant "non-récupérable pour la population du"Grand-Reich". La cérémonie de notre mariage civil dura plus longtemps que d'accoutumé ce 26 Novembre 1948 et le lendemain, 27.11.1948, a l'église Henriette et moi nous étions devenus "mari et femme" devant "dieu et les hommes".

Les débuts de notre famille. . .

Créer une famille est une chose subvenir à ses besoins en est une autre. Du côté matériel le "jeune chef de famille" que j'étais devenu avait dès début 1948 changé de metier. D'ouvrier scieur je étais devenu mineur au puits de Faulquemont des HBL, Houillères du Bassin de Lorraine, le 1er Juin 1948 en éffaçant ma crainte vicérale de ce métier que j'éprouvais du temps de ma captivité et "fugueur patenté". Changer de métier voulait dire également changer de domicile. Logé et nourri par le patron de la scierie il m'a fallu, en le quittant, trouver un autre toit. Je l'avais trouvé chez mes futurs beau-parents grâce à notre détermination inébranlable , à Henriette et moi, de fonder notre foyer malgrè les réticences et ressentiments compréhensibles du papa de mon Henriette décrites dans le chapitre précédent mais à une condition de mon beau-père qui était: " tant que vous vivrez sous mon toit je ne veux jamais entendre un seul mot d'allemand!".

Créer une famille était devenu, du point de vue matériel, plus facile maintenant que je faisais partie de la famille des "Premiers Ouvriers de France" les mineurs. Jugez en, 5 000 F à la scierie et maintenant 12.500 F par mois.Mais, a ne pas oublier, il nous manquait tout en tout. Arrivé à ce stade de mon récit permettez moi de vous parler des mineurs. Ces hommes venant de tous les horizons , appartenant à différentes ethnies et croyances au jour, avant de descendre au fond de la mine. Une fois arrivés à 680m sous terre il ne restait plus que des hommes qui savaient chacun qu'en cas d'accident ils pouvaient tous compter les uns sur les autres. La question de savoir, par excemple, qui se trouvait sous un éboulement, d'où il venait, qui il était ne se posait pas! Un "Kumpel" copain était en danger on allait le chercher et secourir au risque même d'y rester soi-même. 20ans je me trouvais parmi eux, j'étais et reste un des leurs. Ces quelques lignes en hommage à tous ceux qui sont restés au fond des mines, à tous notre salut: "Glück auf". Ce souhait en langue allemande utilisé par tous les "gueules noirs" qui veut dire:"Remonte sain et sauf". C'était cela les mineurs après la guerre et jusqu'à la fermeture de tous les puits de mine.

Nos enfants. . .

Créer une famille ne consiste pas seulement dans la résolution des questions matérielles. Le sens même d'une famille ce sont les enfants. Nous en avons eu 4. Trois fille et un garçon. Danielle, Sylvie, Viviane et Alain. Les trois filles sont nées dans les premiers dix ans de la vie de notre famille, 1949-1955-1957. Sans vouloir être prétentieux et faire une différence entre nos filles je voudrais tout de même souligner le jour de naissance de Sylvie...le 08 MAI 1955. Dix ans, jour pour jour, après l'armistice de 1945. Certes nous, Henriette et moi, ne l'avons pas fait exprès mais, ce fait a tout de même valeur de symbole et semble contredire mon affirmation en début de "Ma Baïonnette et mes trois Pivoines". Où il est question de l'impossibilité d'une rencontre entre une jeune fille et un jeune garçon à un moment de leur vie. Je ne peux expliquer ce revirement de situation d'après-guerre, notre rencontre, la venue des nos enfants autrement que par le fait que la rencontre entre Henriette et Henri en 1947 n'avait d'autre origine que la loi de la nature. Une loi qui n'a que faire des lois des hommes. Aujourd'hui nos enfants sont grands, ont eux aussi des enfants et petits-enfants et ont fait de leur père et grand-père bientôt un triple arrière-grand-père. Dommage que HENRIETTE a dû nous quitter voici 6ans déjà!

Ainsi se termine un chapitre consacré à une Famille pas comme toutes les autres, une famille franco-allemande, née à la fin de la guerre la plus meurtrière du 20ème siècle

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Henri Sturges - AVRIL 2006 - Tous droits réservés

 

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13 mars 2006

IL ETAIT UNE FOIS . . .

Que mes lecteurs, qui qu'ils soient, sachent que je viens seulement maintenant de me familiariser avec le "blog". D'où certains écrits qui ne semblent pas avoir été mis dans un bon ordre du déroulement de mon histoire. Veuillez m'en excuser. Avec bientôt quatre vingt ans on ne s'habitue plus aussi facilement qu'un jeune débutant.

Ich der hier schreibt richtet sich an alle meine zukünftigen Leser, wer sie auch sein mögen, um um ihr Verständnis zu bitten wenn sie beim Lesen meiner Zeilen auf eine Art Ungereimtheit im Ablauf meiner Geschichte stossen. Erst vor kurzer Zeit habe ich den "blog" entdeckt und mit fast 80 Jahren ist die Einarbeit doch schon etwas schwieriger als für junge Menschen. Mit Ihrem Einverständnis möchte ich die folgenden Zeilen erst in der Sprache des Landes das mich in der schweren Nachkriegszeit als ehemaliger deutscher Soldat aufnahm schreiben.

Après cet encart en ma langue maternelle permettez moi de revenir à la langue du pays, la France, qui dans les temps difficiles d'aprés guerre m'accueillit. Pour ce faire je produirai ici cet article que j'ai appelé: "Il était une fois" duquel vous avez pu dèjà lire un extrait sous la domination: "Sang et Honneur".

Donc: "IL ETAIT UNE FOIS".

C'est ainsi que commencent tous les contes des fées dans le monde entier. Mais, hélas, si l'histoire de mon petit garçon commence aussi par: "Il était une fois" son conte de fée n'a rien de magique et d'heureux à première vue. Notre petit conteur était venu au monde et vivait vivait dans un pays qui venait tout juste de perdre une guerre, celle de 1914--18. Perdre une guerre ? Ce cela vouait dire notre gamin n'en savait rie du tout. Il comprenait encore moins pourquoi samaman pleurait si souvent. Pour quelle raison elle veillait et restait si tard dans la nuit derrière sa machine à coudre pour fectionner des vêtements pour les autres personnes. Pourquoi son papa à lui, comme tant d'autres papas, n'avait pas de travail et pour quelle raison disait-il en rentrant le soir après une journée de recherche d'un emploi éventuel toujours: "Encore rien". Oui, pourquoi tout çà? Bon vous me direz que pour un petit garçon ce sont là des histoires des grandes personnes comme sa maman et son papa. La famille de notre petit conteur habitait un petit village au nom de KORDEL près de Trêves en Allemagne précisement dans ce pays qui venait de perdre la guerre et, ceci bien avant la venue au monde de leur petit. garçon. BOOF. . . les histoires de grandes personnes n'étaint pas pour le enfants. Il vallait donc mieux aller jouer avec les copains. Jouer d'accord mais, avec quoi quand on a rien? Si, on jouait au foot avec une boite de conserves ou bien avec un ballon en chiffon fait par les mères avec des restes de tissu. Il arrivait aussi que tout ce petit monde s'inventait des jeux, ou encore discutait tout simplement. dans ces mi-temps il arrivait qu'un de la bande sortait tout d'un coup une IMMENSE tartine bien en vue de tout le monde pour faire comprendre que lui "en avait" . Notre petit garçon se vengeait alors en prétendant que son papa lui donnerait le soir en rentrant à la maison deux IMMENSES tranches de pain parce que il en avait bien de trop pour sa journée. Mais, de savoir d'où venait se supplément imaginaire notre môme n'a jamais trouvé une réponse plausible. Pourquoi bon aussi?

D'autres questions? Il en avait des tas. Par exemple, pour quelle raison fallait-il aller se coucher le soir en hiver avec le manteau que l'on portait dans la journée? Pour quelle raison maman emballait-elle les soirs de grand froid une seule briquette dans du papier de journal mouillé pour la déposer ensuite délicatement sur la braise de la cuisinière? Ou encore pour quelle raison le fourneau dans la salle-à-manger n'était-il jamais allumé? Pourquoi sa maman n'allait elle pas plus souvent chez le boucher et ramenait chaque fois seulement un petit bout de viande qu'elle coupait encore en quatre morceaux pour en faire autant de repas?

POURQUOI ?

Toutes ce question n'empêchaient pas notre petit conteur de grandir . Un fait qui lui permit, de temps en temps, d'aller tout seul faire des courses chez l'épicier. Certes, la liste des commissions n'était jamais bien longue. L'épicier lui ne lui demandait jamais d'argent pour payer. Par contre c'est dans un grand livre noir qu'il inscrivait le montant des achats du petit commissionaire.

QUESTIONS. . . QUESTIONS !

Et Noël donc? A cette époque de l'année notre gamin croyait dur comme fer ave tous les autres de son âge au "Père Noël". Ici il me faut ouvrir une paranthèse pour vous expliquer qu'en Allemagne les enfants n'attendaient pas le "Père Noël" mais, le "Christkind", traduisez "L'Enfant-Christ". Père Noël ou encore Christkind, dans ces temps les personnages de noël n'étaient pas riches. Les cadeaux se limitaient à quels noix, noisettes et pommes. Pour notre gamin ces cadeaux sur son assiette étaient entourés de tranches de pommes sèches. En ce qui concerne ces tranches séches notre petit conteur se doutait bien que lesdites tranches ne pouvaient venir que de la réserve de maman qui se trouvait au grenier. 

Ah, je vous dis, ces grandes personnes.

Noël était passé mais, les oucis et la pénurie étaient toujurs d'actualité partout. Dans la famille de notre petit conteur il en était de même jusqu'au jour de la LETTRE. Une lettre mystérieuse dont la venue boulversa toutes les habitudes de la maison. Le petit garçon ne croyait ses yeux en voyant sa maman avec une belle robe en milieu de semaine, la table de la salle à manger décorée avec sur la nappe blanche les plus belles assiettes, des verres, du pain frais, jambon, saucisse et un carré rectangulaire jamais vu auparavant. Du BEURRE était l'explication de maman. Au milieu de tout cela un vase avec des belle fleurs et, appuyé contre lui. . . LA LETTRE! On attendait pour commencer le festin encore la venue du chef de la famille. Lors de son arrrivée on entendait la phrase bien connue depuis des années: "Encore rien". Depuis 1923 que cet homme était au chômage et au moment de ce festin on pouvait lire sur le calendrier AVRIL 1933. En voyant LA LETTRE le papa de notre conteur se tut, sa main tremblait et pour la première fois dans sa courte vie notre petit garçon voyait des larmes dans les yeux de son papa. Des larmes de soulagement. Mais, que disait donc cette fameuse lettre. Elle disait tout simplement que celui qui depuis dix ans cherchait un emploi devait reprendre le lendemain son travail perdu au chemin de fer.

FIN de la 1ère partie

1 9 3 3. . . Que de transformations.

Bien arrivé à ce point du récit autant de vous dire que le narrateur de la présente histoire est celui qui vous écrit. Né un 12 DECEMBRE de l'année de grâce 1926 je venais d'avoir six ans. Il faut dire que depuis l'arrivée à la maison de cette fameuse lettre qu'elle n'était pas seulement arrivée chez nous. Nous habitions à l'époque tout près de la ligne du chemin de fer et tout le monde, même moi, pouvait constater que les train des voyageurs s'allongent de jour en jour. Toujours plus de monde allait au travail. En plus de cela les magazins étaient de nouveau bien achalandés, les prix les mêmes à la ville comme à la campagne. Quel changement tout de même. D'où cela venait et qui en était l'auteur se trouvait être le dernier de mes soucis. Moi, ce qui me préoccupait était ma prochaine rentrée de l'écôle. Il faut savoir que je venais d'avoir six ans en fin d'année 1932 je devais donc rentrer à l'écôle avec les enfants nés en 1927. Ici il me faut attirer votre attention sur une différence de rentrée scolaire entre la France et l'Allemagne. En France la rentrée se fait début Septembre et en Allemagne au Printemps aux alentours de paques. Ceci étant dit mon "calvaire" devait commencer au printemps 1933. C'est le coeur lourd que nous lâchions les mains de nos mères pour rentrer en classe pour la première fois. Huit années pour apprendre les choses dela vie. Les premières émotions passées et avec une certaine habitude acquise de la vie à l'école tout le monde, moi y compris, nous revenions un peu plus après nos heures de classe aux questions plus terre-à-terre. Par exemple de savoir maintenant qui avait donné du travail à nos papas, pourquoi on n'avait plus faim maintenant, pourquoi il n'y avait plus de bagarres entre les adultes e.c.t. La réponse nous fut donnée à l'école pendant les heures de classe après les leçons d'alphabet et de calcul. La réponse à notre question quand à un bien-être inconnu avant 1933 nous fut livrée petit à petit et de façon approprié à nos têtes de gosses. Un nom était toujours prononçé sans emphase pour le moment. Le nom d'un homme. . . ADOLF HITLER. Prétendre ici que je n'avais encore jamais entendu prononcer ce nomhors de l'école serait pure mensonge. Dans les jounaux, au cinéma dans les actualités on en parlait et même dans notre village une certaine reconnaissance envers cet homme se faisait jour. A la fin de l'année des petits groupes d'hommes forment en uniforme, les S.A. Mon Papa, comme toutes celles et tous ceux qui avaient un travail de quelque sorte que ce soit devaient adhérer à la "Deutsche Arbeitsfront", traduisez : "Front allemand du Travail" que l'on pourrait comparer de nos jours à un syndicat unic. Les jeunes un peu plus agés que nous n'étaient pas oublies, ils se regroupaient sous la bannière soit de la "HJ"- Hitlerjungend la jeunesse hitlérienne pour les garçons et pour les filles l'organisation se nommait "BDM" - Bund deutscher Mädchen le groupement des filles allemandes.

Revenons à Monsieur HITLER lui-même. Finalement c'est dans l'école que le C.V. de notre "Führer" nous fut appris en détail. On y allait doucement en besogne et de façon adapté à notre faculté de gosses de comprendre "l'importance" de personnalité de celui qui tenait le destin de notre patry entre ses mains désormais. Non, on ne basculait personne nis coutumes et usages. Par exemple le crucifix se trouvait toujours encore au mur derrière le burau du maître et Monsieur le curé continuait à nous apprendre le cathéchisme en classe. Mais, ceci était nouveau, nous avions droit à deux heures par semaine d'un cours qui s'appellait: "Das neue Deutschland kennen lernen" - apprendre à connaître la nouvelle Allemagne. Uns cours dans lequel il était uniquement question de l'histoire personnelle de "notre Führer", de sa vie, de sa date et de son lieu de naissance en Autriche, son héroisme durant la grande guerre, sa foi dans le pays où IL avait décidé de vivre depuis, d'éffacer la "honte du coup de poignard dans le dos du soldat allemand en 1918", comme le devoir d'éffacer la honte du "traité de Versailles". 1923, sa participation au "putsch" de Munich suivi de sa condamnation de 8 mois d'incarcération au fort de "Landsberg", lieu d'édition de son livre "Mein Kampf" - mon combat - qui fut, soit dit en passant , traduit en plusieures langues. Il est évident que la dernière réflexion au sujet de "Mein Kampf" n'a pas comme auteur l'écolier que j'érais alors. Terminons ici le récit de mes deux premières année d'école.

1 9 3 5. . . En notre école notre éducation se précisa et prenait une direction plus précise. Notre "Führer" ne venait-il pas de briser la première partie de cette "honte" représentée par le Traité de Versailles en céant la "Wehrmacht" pour remplacer l'armée de 100 000 hommes autorisée par les 14 points de "Wilson"? Comme les vaiqueurs ne réagissaient pas nous devions être fières de notre nouvelle Allemagne, du peuple allemand qui osa reléver la tête. En entendant cette présentation de faits "historiques" même nos coeurs de huit ans commencaient à bondir dans nos poitrines. Dans nos écoles le portrait de notre "Führer" avail remplacé le crucifix derrière le bureau du maître pour trouver une modeste place "ailleurs". Monsieur le curé n'avait plus le droit de venir à l'école pour son cathéchisme. Les plus grands, ceus de la "Hitlerjugend" et du "Jungvolk" - le jeune peuple - se moquaient de nous, nous qui continuions à aller bravement les matins avant l'école et les dimanches à la messe et autres offices. Une tradition normale dans une région à forte majorité catholique comme celle de Trêves. Il faut avouer aussi que nos persécuteurs étaient souvent en uniforme pour nous attendre devant l'école ou l'église. Dire que nous n'étions pas perturbés par ces faits et, qu'en même temps, nous les enviions pas pour leur "bel uniforme" ne corresponderait pas à la réalité.

1 9 3 6. . .  Dans cette année tout allait crescendo dans tous les domaines. Notre "Wehrmacht" venait de réoccuper militairement la rive gauche du Rhin, ce que le traité de Versailles avait interdi également, les congés payés pour tout le monde, l'organisation de "Kraft durch Freude" - force et courage par la joie - furent instaurés. Moi enfin, ayant atteint mes dix ans, j'avais enfin le droit d'adhérer comme tous ceux de mon âge,  au "Jungvolk" avant de pouvoir devenir à l'âge de quatorze ans membre de la "Hitlerjugend". Devenir memebre du "Jungvolk" m'autorisait à porter mon premier uniforme, le "Ehrenkleid des Führers" - l'habit d'honneur du führer -. Ah, ce premier uniforme comme je l'ai désiré. Je le vois encore aujourdhui, presque soixante dix an après. Une culotte courte en velour, une chemise brune avec un foulard noir retenu par un noeud en cuir dressé, un baudrier supportant un ceinturon et. . . accroché audit ceinturon un "Fahrtenmesser" - un couteau de randonnée qui, en fait était un poignard avec un vraie lame d'acier dans la quelle se trouvaient gravées ces trois mots: "BLUT un EHRE" - sang et honneur. Le soin d'aquérir revenatit aux parents. Maman n'était pas tellement d'accord déjà par rapport aux prix et, peut-être dans son fort intérieur craiganit-elle une suite pour elle inévitable pour son fils. Papa lui ne disait rien. Que pouvait-il? Empêcher son fils de faire comme tout le monde en risquant de perdre son travail? Sortes de soucis qui n'entraient pas dans ma considération. Moi j'étais tout à la joie de pouvoir participer comme tous les autres de ceux de mon âge. Maintenant n'allez pas croire que nous portions notre bel uniforme rien que pour le plaisir. Ce serait une grave erreur. En tant que membre à part entière maintenant du "Jungvolk" nous devions apprendre avant tout que: "Der Einzelne ist nichts - Die Gemeinschaft ist alles!" - l'individu n'est rien, la communité est tout ou bien encore que: "Wir sehn mehr Freiheit im Gehorchen, als im eigenen Befehlen" - nous voyons plus de liberté dans l'obéissance que dans la possibilté de pouvoir d'ordonner. nous-même. Et l'école? Elle se consacra dès nos dix ans à sa destination initiale, nous apprendre ce qu'il faut en général pour la vie sans, de temps en temps, de nous faire comparer entre les temps avant notre "Führer" et maintenant. Le "Jungvolk", notre deuxième " éducateur", c'était autre chose. D'abord il fallait deux fois par semaine apprendre à se rassembler, se mettre en rangs, marcher au pas et ce que nous étions maintenant. Pour illustrer cet enseignement nous devions lire et nous en imprégner de ce qui se lisait sur nos poignards: "Blut und Ehre". Adolf Hitler nous faisait comprendre que la jeunesse allemande n'était pas n'importe laquelle. La jeunesse allemande était d'une race supérieure, destinée à dominer le monde. Nous les jeunes nous étions l'avenir et l'espoir du peuple allemand en son entier. Quand on entend des tels mots pour la première fois on est comme abasourdi, ne sait pas où les ranger dans nos têtes de dix ans. Répété continuellement çà accroche et vous gonfle le coeur. A fin de pouvoir défiler en public demanda encore quelque entrainement. Ce premier défilé. On l'attendait et craignait à la fois. Serions nous fin prêts, serions nous capables de tenir notre rang? Surtout que lorsque de cette première apparition en public nous étions demandés de faire publiquement notre promesse de: "Treue und Gehorsam an unseren Führer" - fidèlité et obéissance au führer -. Ceci en présence de toute la population. Je ne saurai dire aujourd'hui si tous les adultes étaient enthousiasmés dans leur ensemble au moments des faits. Nous par contre nous étions fières comme artaban, prêts à tout en enviant nos aînés de quatorze ans et au-delà parce qu'eux avauent déjà le droit de porter un fusil sur leurs épaules. Un fusil de petit calibre, pour le moment. Nous les "poussins" devions attendre encre quatre ans pour pouvoir fair comme les "grands" et aller, comme eux, dans les casernes pour apprendre avec des "vrai" soldats et des "raies" armes le métier auquel "notre Führer" nous avait destiné. 1936 était également l'anée des jeux olympiques d'été . Les spotrtifs du monde entier se trouvaient en Allemagne et, lors de l'ouverture défilerent devant notre "Führer". En 1936 notre "Lègion Condor" aidait le Général Franco dans sa guerre contre les communistes où,   j'appris des dizaines d'années plus tard, que les avions de cette légion condor bombardaient en même temps que les jeux à Berlin les civils de la ville de Guernica. Fermons cette paranthèse. Qu'importait pour nous les jeunes de cette nouvelle Allemagne la guerre en Espagne, le Général Franco et  Guernica? Tous les sportifs du monde se trouvaient chez nous en Allemagne pour participer "dans un combat loyal entre-eux" aux "jeux de la paix". Nous et notre pays nous étions de nouveau acceptés par le monde comme partenaire égal. Que la vie était belle. 1936 se tremina ainsi dans la quiétude. Tout le monde se sentait en sécurité et serein. Nos parents avaient oubliés les années de la disette, avaient un travail assuré avec un salaire décent. ils pouvaient réellemnt "se permettre quelque chose". La foi dans un avenir sûr se raffermit de jour en jour. Et nous, "les porteurs de l'avenir de la nation", nous faisions de notre mieux pour bien apprendre la nouvelle doctrine de notre "Führer". Tout ce qu'il disait constituait pour nous in directive divine. Notre "Führer" ne disait-il pas de lui-même avoir été " von der Vorsehung an das deutsche Volk gesand" - envoyé au peuple allemand par la providence. C'est dans une atmosphère presque sereine maintenant que cette année 1936 s'acheva. 1937? Pareil. Avant de terminer avec cette période permettez moi de vous conter une petite histoire en rapport avec notre bel uniforme du "Jungvolk", les plus jeunes de la "Hitlerjugend". Comme tous les gosses du monde il nous arrivait aussi de faire des bêtises, en civil s'entend. Dans ce cas une bonne "raclée" nous attendait à la maison, car dans ma jeunesse les parents et à l'école également les punitions corporels étaient de mise. Alors, les petits malins que nous étions nous profitions d'une absence de nos parents pour mettre notre uniforme. Pourquoi? Comme expliqué à l'instant les parents avaient le droit de fustiger leur progéniture mais, dans ce cas, il leur était interdit de toucher à l'uniforme.

1 9 3 8. . . ?

Une année comme les précédentes? Pas tout-à-fait. A l'école on intensifia l'apprentissage de l'histoire de notre "Führer" en Autriche. Le 20 Avril de chaque année, anniversaire d'Adolf Hitler, était considéré comme jour férié. Manquait encore une connaissance plus approfondie du cursus de notre "Führer" dans son pays d'origine. Certes, nous savions qu'il était né le 20Avril 1889 à "Braunau am Inn" une petite ville autrichienne sur la frontière germano-autrichienne dans la région du lac Leman. Que son père était douanier. Jeune homme Adolf Hitler s'essaya comme peintre à Vienne. Sans succès à son grand regrèt. Il faut trouver dans ses regrèts la raison de son dépârt et son engagement comme volontaire dans l'armée allemande lors de la guerre de 1914-18. En parallèle nous apprenions aussi en ce début 1938 qu'en Autriche cela n'allait pas si bien que çà. Que l'on opprimait les germanophils de plus en plus, que le régime en place  était de plus en plus corrompu. Cet état des faits dans son pays d'origine blessa notre "Führer" profondement. Pour y mettre fin il n'y avait pas d'autre alternative que d'aller porter secours, sur sademande, à un état en difficulté majeure. Ce qui fut fait au printemps de l'année en cours. La "Wehrmacht" fut accueilli avec "enthousiasme" en Autriche et notre "Führer" déclara à Vienne que désormais son pays natal fera partie de l'Allemagne et que, de ce fait, "Grossdeutschland" - la Grande Allemagne - venait de naître. Joie en Allemagne et stupeur dans le reste du monde. Si il y eut des protestations dans les Démocraties occidentales, elles n'avaient valeur que de pure forme. En Allemagne on commença à croire de façon plus soutenu qu'Adolf Hitler était l'homme qu'il fallait en 1933. Je passe sur notre enthousiasme, je veux dire nous les jeunes des jeunesses hitlériennes. 1935 - 1936 et maintenant 1938 où était pour nous la seule erreur que "notre Führer bien aimé" aurait pû commetre?

1938. . . automne. Depuis des semaines dèjà nous étions informés des souffrances infligées par la "populace" tcheco-slovaque à nos "compatriotes des Sudètes". Cette Tchécoslovaquie, née de par la volonté des Démocraties anglaises et françaises en 1918 après l'éffondrement de empire austro-hongrois se permettait pas seulement de continuer ses primades envers la minorité allemande mais, "osait" fermer la frontière entre notre "grand pays" et cette Tchécoslovaquie. Plus encore elle "osa" mobiliser ses troupes imité en cela par ses "créateurs", La France et L'Angleterre. La situation devenait sérieuse. Face à cette ménace notre "Führer" n'a pu faire autrement que de mettre la "Wehrmacht" en alerte maximum.

MUNICH

Suite à la situation explosive ainsi créé et voulant préserver la paix à tout prix Adolf Hitler invita les chefs de gouvernement anglais et français à venir dans la capitale de la Bavière pour trouver ensemble une solution équitable pour les états concernés. Le Président de la Tchécoslovaquie Bénez n'avait pas été invité à cette rencontre qui intéressait pourtant son pays au premier chef. On commenca donc une première rencontre à trois. Messieurs Chamberlain pour l'Angleterre, Daladier pour la France et notre "Führer" qui lui "n'avait d'autre prétention que de soustraire nos compatriotes des Sudètes de la vindicte des Tchécoslovaques". Aucun accord fut trouvé lors de cette première rencontre. Messieurs Chamberlain et Daldier retourneraient dans leurs capitales respectives pour revenir quelque temps après pour une autre rencontre. Cette fois-ci on était à quatre. Messieurs Chamberlain, Daladier, Hitler et Benito Mussolini et toujours en absence du Président tchécoslovaque.

Rencontre décisive qui aboutit à l'accord suivant: La région des Sudètes sera rattaché au "Gross-Deutschland" - la grande Allemagne. Ala suite de quoi la "Wehrmacht" rentra sous les acclamations de la population de souche allemande dans la région convoitée par Hitler.  Sur quoi Notre "Führer" déclara solennellement de n'avoir plus d'autre revendictions territoriales desormais . . . tout le monde était satisfait. Ceux qui ne voyent pas cet arrangement entre L'angleterre, la France et l'Allemagne étaient évidemment les Tchécoslovaques et , ils avaient raison car quelques semaines plus tard les troupes allemandes se trouvaien à Prague. Personne des états garants de l'indépendance de ce pays qu'ils avaient crées ensemble en 1918 n' voulu tirer les conséquences de leur engagement ! 

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Année d'angoisses, d'espoir déçu et de la

G U E R R E !

Nous, en ce début de cette année funeste, dans nos bels uniformes que notre "Fûhrer" nous avait "confié" il n'y avait pas de doute dans nos esprits. Notre "Führer bien aimé" était et restait le plus grans homme d'état que le monde avait vu. Toutes les promesses qu'il avait fait au peuple allemand avaient été tenus. Tout ce qu'il nous disait se trouvait être parole d'évangile. Pas étonnant alors que, quand il nous faisait parti des "souffrances" sous le joug polonais d'une autre catégorie de nos concitoyens, que ces Polonais refusaient de permettre au "Reich" la libre circulation en travers le "couloir de Dantzig" vers cette autre partie du "grand Reich", ayant pour nom "la Prusse-Orientale" il était devenu inévitable qu'une solution devait étre trouvée même au prix de la violence. Nous, "l'espoir de la nation" nous ne cherchions pas plus loin. "Führer befiehl wir folgen" - Führer ordonne nous suivrons -. C'est pourquoi nous ne trouvions rien à dire quand, au mois d'Avril 1939,  il était question des négociations avec Joseph Stalin pour signer un pact de non-agression mutuelle. A ce qu'il paraissait l'Angleterre et la France cherchaient à l'époque également d'obtenir la signature soviétique pour les mêmes raison. En vain. Ce pacte de non-agression fut signé par von Ribbentrop Ministre des affaires étrangères du Reich et Molotov son homologue de l'Union soviétique. Les dés avaient été jetés. En Allemagne les journaux faisaient leurs gros titres avec les souffrances que nos compatriotes devaient subir de plus en plus par les Polonais. Il était même question que, comme la Pologne, la France et l'Angleterre les garants de l'inviolabilité des frontières polonaises venaient de mobiliser. Quelques jours plus tard courrait le bruit en Allemagne des unités de l'armée regulière polonaise auraient franchi les frontières du Reich et ouvert le feu sur le territoire allemand. Ce que Hitler lui-même confirma le 1er Septembre 1939.

1rer Septembre 1939: "Der Führer spricht. . ." - le Führer parle -.

Qu'il me soit permis de citer ici les paroles d'Adolf Hitler prononcés devant le Reichstag, la Parlement allemand en ce jour lourd de ménaces, en ma langue maternelle. En allemand, des paroles que je n'ai pas encore oubliés 69 ans après.

Adolf Hitler: "... Polnische Freischärmer und Banditen verletzten seit Tagen deutsches Reichsgebiet. Hente morgen haben nun auch reguläre polnische Truppen auf unserem Territorium geschossen. Seit heute morgen 5,45 Uhr wird nun zurückgeschossen! Wird Bombe um Bombe vergolten werden! ...." - Des partisans et banndits polonais violent depuis des jours nos frontières. Ce matin des troupes régulières polonaises ont également tirées sur notre territoire! Depuis ce matin à 5h45 nous leur répondons de la même façon! A chaque bombe répondra une des nôtres!...".

C'est avec ces paroles qu'une tuérie et une démence humaine débutaient

pour ne s'arrêter que six ans plus tard.

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  Henri Sturges - Mars 2006 -  Tous droits réservés

   

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Réalité et Leçon. . .

Des hommes ont fait faire la guerre à d'autres hommes!

Ces derniers sont tous partis étant tous, en ce qui les concernait, persuadés d'aller combattre pour une cause juste !

Qu'ont-ils trouvé sur les champs de bataille?

LA PEUR - LA SOUFFRANCE et LA MORT !

Les uniformes différents qu'ils portaient n'ont pas pu les protéger des suites de ces trois mots ci-dessus !

Lorsque la tuérie se termina enfin les survivants ont cru les uns d'avoir gagné cette guerre et les autres de l'avoir perdu.

Encore une fois ils se sont trompés ensemble.

Il n'y avait ni vainqueur, ni vaincu !

Il en restait que des survivants qui, le 8 MAI 1945, avaient gagnés ensemble

LA PAIX - LA LIBERTE et l'AMITIE !

Puissent ceux qui ont eus la chance de pouvoir revenir vivants transmettre à leurs enfants leur expérience et leur vécu.

Ceci sans cacher ni occulter ce qu'ils on vus pour que les jeunes générations soient en mesure de comparer entre "ce qui fut" et "ce qui est aujourd'hui" et ainsi apprécier et sauvegarder la valeur de ces trois mots ci-dessous :

LA PAIX - LA LIBERTE par L'AMITIE !

Henri Sturges - JUIN 2003

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L'AMOUR VAINQUEUR. . .

De la Fille du Résistant et du soldat allemand. . . ( Cinq Colonnes à la Une 1971)

Une Famille vraiement pas comme toutes les autres, UNE FAMILLE FRANCO-ALLEMANDE.

Mesdames, Messieurs,

Je n'étais pas d'ici. Français, d'origine allemande, j'aimerai vous parler de trois dates de ma vie qui m'ont marquées profondement et de façon déterminante.

La première de ces dates est un certain 6 JUIN 1944. Ce jour où, à l'age de dix sept ans et demi, la GUERRE s'est présentée à moi tel qu'elle était et est. Avec son faciès hideux, sa peur, sa souffrance, son injustice, ses déstructions et la mort. Une mort qui ne fait aucune distinction entre les victimes qu'elle a choisie. Des hommes , femmes, enfants, vieillards ou soldats. La mort ne fait aucune distinction entre les différents uniformes portés, les ethnies, croyances ou couleur de peau. Son oeuvre est la déstruction des vies et existences.

Le 22 JUIN 1944 j'ai eu la vie sauve, sans savoir pourquoi moi et comment.

La deuxième de mes dates est le 8 MAI 1945. Ce jour représentait pour moi l'écroulement de mon monde avec la certitude naissante d'avoir été abusé, trompé et trahi. Un fait qui était pourtant la réalité même!

Vint la troisième date, le 26 NOVEMBRE 1948.

Sans aucun doute la plus importante de ma vie et de mon destin. Ce jour là, à Courcelles-Chaussy en Moselle, une jeune fille française, dont le père avait été arrêté et condamné à mort par la GESTAPO en été 1944 à Périgueux. Le sort a voulu que ce soit un soldat allemand, inconnu jusqu'à ce jour, qui lui a permis de se sauver avec ses camarades d'infortune. Cette jeune fille française donna son OUI à un jeune allemand, ex-prisonnier de guerre, pour fonder avec lui sa famille. . . notre FAMILLE FRANCO-ALLEMANDE! Tout à notre jeune bonheur nous nous rendions pas compte de la portée de notre engagement, ni du fait indiscutable que notre rencontre avait été soumise à une autre loi que celle des hommes. Je veux parler de la loi de la nature. Une loi qui ne connait aucun préjugé, aucun ressentiment et qui venait de triompher des haines et préjugés que les hommes avaient semés entre-eux. En fait qu'est-ce qui s'était passé entre nous deux? Une jeune fille et un jeune gaçon s'étaient rencontrés, se sont sont regardés et ont commençés à s'aimer.

Soumise à le loi des hommes les débuts de notre jeune famille franco-allemande n'étaient pas des plus faciles du point de vue de l'intégration dans la communité sur place. Une situation fort compréhensible par rapport de ce qui s'était passé de 1939 à 1945 entre nos deux peuples et nations respectifs. Mais et petit à petit les relations entre nos deux peuples voisins commenceraient à changer. Un changement activé par trop des deuils et larmes dans le passé faisaient comprendre aus survivants de la dernière tragédie que continuer à vivre l'un contre l'autre ne pouvait plus continuer. Ils ne voulaient plus être des "Ennemis héréditaires" comme on leur l'avaient fait comprendre depuis des décennies certains hommes des deux côtés! Un changement de la façon de voir désormais la vie en commun pour le plus grans bénéfice de tout un continent. Aujourd'hui il n'est plus besoin de souligner que sans l'entente et l'amitié franco-allemande il ne pouvait pas y avoir ni PAIX, ni LIBERTE et ni AMITIE entre les peuples de notre EUROPE. Cette nouvelle donne fut officialisée au nom de leurs peuples respectifs par CHARLE de GAULLE et KONRAD ADENAUER!

Mesdames et Messieurs, si j'ai pu personnellemnt apporter ma modeste contribution à la réconciliation et l'amitié entre mes deux peuples, je n'ai pu le faire que grâce à ce "OUI" du 26 NOVEMBRE 1948, le oui de ma française.C'est pourquoi je vous demande de pouvoir lui dire, ici devant vous, tout simplement MERCI. Merci à la fille du résistant, mon épouse et la mère de nos enfants que la mort nous a enlevée il y un an et demi maintenant. Je lui ai promis de continuer sur le même chemin que nous avions empruntés ensemble voici 54 ans.

Mesdames et Messieurs, je n'ai pas le droite de terminer sans vous citer les mots d'encouragement qui m'ont été adressés par deux peronnalités. Je cite Monsieur Jacques CHIRAC, Président de le République, :"Je vous remercie pour l'envoi d'un bulletin consacré à l'histoire de votre cité ainsi que pour me texte sur COURCELLES-CHAUSSY et VERDUN dont vous êtes l'auteur. Votre projet de conférences qui reflètent émouvant témoignage familial est un bel hommage à la RECONCILIATION et l'AMITIE FRANCO-ALLEMANDE.

Monsieur Peter MÜLLER, Premier Ministre du Land de la Sarre, qui me dit: "En tant que premier ministre d'une région qui, de par sa situation frontalière se trouve au milieu d'une grande région culturelle, je ne peux qu'encourager tout ce qui sert au rapprochement franco-allemand. Je souhaite plein succès à l'Association "Patrimoin et Culture que vous allez créer".

Pour conclure permettez moi de laisser le mote de la fin à Danielle, Sylvie, Viviane et Alain nos quatre enfants qui, daprès le reportage paru dans "Cinq Colonne à la Une" début 1971, :"ne pourront comprendre ni concevoir que la France et l'Allemagne puissen se haïr puisque Maman et Papa s'aiment".

Mesdames et Messieurs, maintenant je suis aussi D'ICI!

Henri Sturges

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Discours prononcé au mois de JUIN 2001 au Château de Landonvillers (Mselle) à l'occasion de l'Assemblée Constituante du Syndicat d'Initiative de Courcelles-Chaussy et de sa région culturelle.

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