" Ce que la vie vous enseigne" ne peut être autre chose que la continuation des chapitres précédents.

La fille du 8 MAI

8 MAI 2005, notre fille Sylvie est née le 8 MAI 1955 cinquante ans jour pour jour après la signature de l'armistice du 8 MAI 1945 qui mettait fin à la guerre la plus meurtrière du siècle dernier.

Certes Sylvie n'est probablement pas la seule fille née le 8 MAI 1955. Pourquoi en parler alors ?

Par ce que Sylvie n'a pas eu a sa naissance des parents comme tous les autres parents à l'époque. Henriette sa maman, malheureusement décédée depuis, était la fille d'un résistant français. Un résistant arrêté et condamné à mort par la GESTAPO en été 1944 à Périgueux. Il a eu la vie sauve grâce à un soldat allemand inconnu jusqu'à ce jour qui lui a permis de se sauver avec trois de ses camarades quelques heures avant de passer devant le peloton d'exécution.

Henri, son papa, d'origine allemande avait été soldat allemand et prisonnier de guerre en France par la suite.  Il arriva vétu de son uniforme délabré et marqué d'immenses lettres "P G" le 22 FEVRIER 1947 à Courcelles-Chaussy en Moselle.

Une fille et un garçon deux êtres qui,  à la suite de l'histoire et du passé malheureux et inhumain de leurs peuples respectifs, n'auront jamais dû se rencontrer ni songer à s'unir un jour se sont vu un jour de ce début d'année 1947.

Le destin en décida autrement. Faisant fi des lois des hommes Henriette offrit un jour de printemps trois pivoines à Henri. Trois simples fleurs qui ont par le simple fait d'excister éffacées tous les préjugés et ressentiments que la démence humaine avait depuis des décennies accumulée entre le peuple d'Henriette et de Henri. Une fille et un garçon s'étaient rencontrés, se sont plu et se sont aimés pour enfin se marier le 26 NOVEMBRE 1948 à Courcelles-Chaussy.

Que leur fille Sylvie soit née le 8 MAI 1955 Henriette et Henri ne l'ont certainement pas fait exprès. Mais ils pensent malgré tout que cette naissance a une certaine valeur symbolique.

Symbolique en rapport avec la façon et la possibilité de leurs deux peuples de vivre ensemble de nos jours. Deux peuples auxquels on était arrivé de faire croire qu'ils étaient nés en étant les "ennemis héréditaires" l'un pour l'autre.

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Henri Sturges. Article récrit à Courcelles-Chaussy, le 10 AVRIL 2006 - Tous droits réservés

Henri Sturges

" L'UNIFORME Que J'AI PORTE. . . "

EPILOGUE

L'uniforme que j'ai porté était celui du pays qui m'a vu naître. L'Allemagne de la République de Weimar et celle de Hitler par la suite. Mon histoire vécue et véridique se trouve dans mon livre de 192 pages que j'ai écrit par un besoin interne et profond. Une rétrospective sur une vie entière et enrichie par mon vécu.

Une histoire qui commence par l'histoire d'un gosse endoctriné par un homme qu'il admira, Adolf Hitler. Un gosse préparé au sacrifice suprême pour une cause qu'il croyait juste.

Devenu adulte et après un parcours chaotique de ses jeunes années englobant une jeunesse perdue mais la vie sauve, ce gosse passa en revue les événements par lesquels il a été marqué à jamais. Il s'est alors rendu compte qu'il avait été abusé, trahi et abandonné par "son Führer" pour lequel il aurait pu très bien finir comme chaire à canon.

Un "Führer" que d'autres hommes n'ont pas voulu, ou pu, arrêter quand il était temps encore. Des hommes déclarant après coup avoir su "ce qui allait arriver" une fois le dictateur venu au pouvoir en Allemagne n'ont alors rien fait. Pourquoi n'ont-ils rien fait ?

Mon histoire, notre histoire, je l'ai écrit en tant qu'Allemand d'origine et Français de par mon choix. Je l'ai écrit pour toutes celles et tous ceux qui n'ont pas eu ma chance de survivre. Je l'ai écrit pour Henriette mon épouse, la fille du résistant condamné à mort. Je l'ai écrit pour Danielle ,Sylvie,Viviane et Alain nos enfants.

Je l'ai écrit également pour toutes celles et tous ceux qui, Dieu soit loué, n'ont pas connu les horreurs du passé de leurs aînés. J'espère que mon histoire, avec tant d'autres pareils, leur serve à mieux faire que nous l'avons pu.

Il se pourrait cependant que mes observations sur notre passé commun soient aperçu comme un voeux pieux et le resteront éventuellement. Une possibilité que je ne souhaite en aucun cas pour ceux qui nous suivent.

Peu importe. Je sais que la veille du jour où la "grande faucheuse" viendra me chercher je pourrai  me regarder une dernière fois dans un miroir sans rougir, sans devoir me faire des reproches pour "ne pas avoir essayé", ne pas avoir apporté ma modeste contribution pour barrer la route du retour à notre passé inhumain.

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Henri Sturges - article de 2002 récrit à Courcelles-Chaussy, le 10 AVRIL 2006 - Tous droits réservés.